La dernière légende

Publié le par Boulègue

chaussette, police, canne, saperlipopette et symphonie


La veille de la Noël, un homme triste tournait, solitaire et désespéré dans un appartement minable au 8ième étage d'une tour promise à la destruction... Nous étions au 24 décembre de l'an de grâce 2034, et alors que la ville tentaculaire s'étendait sur les plaines enneigées, le monde retenait son souffle dans l'attente du chaos final. Jack, appelons le ainsi, l'homme se tourmentant, était dans la techno police depuis dix ans, et dans son esprit assombri, une terrible pensée tournait sans cesse. 

Il avait dû arrêter la veille, un vieillard qui hurlait dans le parc public (le seul qui restait à la ville) en agitant une canne de bois, râpée par les ans, d'une main et un vieux livre de contes dans l'autre... Comme les lois de Technopolis le voulaient, le vieillard incarcéré fut incinéré à l'aube, mais Jack, avait réussi à subtiliser le livre que détenait précieusement le vieil homme...
Un livre... Depuis 25 ans, cet objet était interdit par le gouvernement du télévisor consortium, ce qu'il venait de faire instinctivement relevait alors du crime 567-BJ 45, et pouvait le mener lui aussi à l'incinérateur...

Il ouvrit son livre le plus discrètement possible, une fois arrivé chez lui, et lut dedans une légende concernant un certain vieillard qui venait le 25 décembre mettre des cadeaux dans les chaussettes des enfants sages au jour mythique appelé Noël... Poussant son délire, jusqu'au bout, jack, s'enleva les chaussettes et les accrocha au nucléo radiateur... son geste plein d'espoir lui semblait insensé, pourtant il le fit. Il s'endormit pétri par l'angoisse et se réveilla au matin... « Saperlipopette ! » s'écria-il. Il y avait un objet qui déformait une des chaussettes certes à sécher qui s'échouaient à demi sèches sous sa vue. Fébrile, il en sortit, un petit appareil noir avec un beau bouton rouge au milieu, il y avait une étiquette accrochée. Eperdu de joie, car sa croyance fut récompensée, il appuya sur le bouton rouge, et là une magnifique symphonie se fit entendre dans tout l'immeuble... 

Il ne le savait pas, mais c'était un extrait du crépuscule des dieux de Wagner, un superbe éclair envahit alors la pièce interrompant la symphonie, et Technopolis s'envola en une immense colonne de poussières et de scories.... Quelques minutes après, dans les ruines, une étiquette ignifugée tourbillonnait, il y avait écrit dessus, avec les compliments du père noël, signé: le saturnien.

 

FIN

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