Publié dans : Contes
statue, cunéiforme, forteresse, périmétrique, guitare et cotillons


La forteresse est là ; devant lui elle apparait entre deux cars de touristes. Il fait chaud. Comme à l'époque. Mais maintenant le sol goudronné autorise les camions des glaciers a venir rafraîchir les vacanciers suants dans leur short.
Lui il n'est pas en short. Plutôt en salopette. Pas en tong, plutôt en botte.
Il a l'air d'un con quoi.
Il entend les gens rire, pas de doute c'est pour lui. Lui il a quitté la ferme et traversé le pays pour voir ces vieilles pierres. Lui il les avaient déjà vu ; petit il les dessinait déjà, avec des potences sous l'orage et des corps décharnés sur les potences. Il aurait aimé aujourd'hui faire connaître le même sort aux corps trop gras des touristes.
Mais aujourd'hui il a l'air d'un con.
La roue tourne.
Tout le monde s'en fout que la statue en haut des marches lui ressemble, que ces inscriptions en cunéiformes écrivent un nom cruel qu'il a autrefois porté. Et les histoires de réincarnation machées avec son argot de plouc ça ne mène qu'à l'asile...

Ce soir il repartira à la ferme.

Si la colère ne retombe pas il envisagera de revenir nettoyer la populace avec des moyens modernes. Faut vivre avec son époque. Un nettoyage périmètrique de ces hérétiques à coup de fusil automatique. L'engin serait camouflé dans un étui de guitare. Il le sortirait. La foule crierait comme à l'époque. Puis les tireurs de la police l'enverraient à son tour vers une autre incarnation et une époque peut-être plus respectueuse de son karma... qui sait?



Par Franzowsky
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