Le porteur d'eau

Publié le par Narf

Le doux crépitement du feu me rappelle de lointains souvenirs. Ceux d'un foyer oublié où vivaient mes songes. Il y avait cette fille, blonde ou brune je ne me rappelle plus bien. Son odeur portait la marque du printemps. Cela me fait sourire. J'ai pourtant oublié tout le reste, mais j'ai encore ce souvenir. Il me porte, me protège. Un cocon fait de coton où je m'endors tout les soirs.

Il a fallu que je m'en aille.

Même si je n'ai pas la certitude d'y avoir été un jour. Est-ce vraiment un souvenir vécu ? Je l'ai peut- être inventé pour supporter le voyage.

Ah le feu faiblit, il va bientôt falloir que j'aille chercher un peu de bois.

Sa chaleur danse encore sur mon visage, je peux encore profiter de mes réflexions, juste un peu encore, encore de ce rêve. Combien de temps cela fait-il déjà que je n'ai pas dormi?

Cela n'a plus d'importance, tant que j'ai cet espoir.

Trouver un jour un foyer, avec une douce femme à aimer. Blonde ou brune, peut importe...

Est-ce réellement un espoir, ou bien un souvenir? je ne sais plus très bien...

J'aurais peut-être dû suivre le troupeau. Ces moutons sont morts, ils ont de la chance. Il commence à faire froid, le feu faiblit et le vent se lève. Sur mes mains du givre commence à se former, il faudrait que je ravive la flamme.

Il faudrait...

J'ai fini la dernière conserve de toute façon. De l'andouillette je crois. C'est amusant, les conserves sont le seul signe de civilisation que l'on trouve encore dans ce monde. C'est la seule chose qui nous permet encore de survivre. ça et ce rêve, cet espoir, ce souvenir, quoi que ce soit.

Bon, je vais m'assoupir, demain je marcherais encore. Et peut être, sait-on jamais. Peut être... Bonne nuit.

 

Publié dans Contes

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